« Matera, c'est une boîte qui recrute des gestionnaires de copropriété ? » La question m'a été posée trois fois en un mois par des candidats qui tombaient sur la page Welcome to the Jungle de l'entreprise et ne savaient pas quoi en faire. Trois fois la même hésitation, devant la même fiche : photos léchées, ton start-up, mission noble, mais aucune info concrète sur ce qui se passe vraiment une fois le contrat signé. Voilà le problème des pages carrières de PropTech.
Matera est un acteur de la gestion de copropriété qui s'est fait connaître avec un discours simple : rendre le syndic transparent, apporter du digital là où le métier traînait des tableurs Excel et des AG interminables. Sur Welcome to the Jungle, la fiche entreprise raconte cette ambition, avec le vocabulaire du secteur. Le problème ? Ce n'est pas là que vous trouverez ce qui décide vraiment d'une candidature.
Points clés à retenir
- La page Welcome to the Jungle de Matera est une vitrine de marque employeur, pas un guide de recrutement.
- Matera recrute principalement sur des postes de gestionnaire de copropriété, en CDI, souvent en télétravail partiel.
- Les fourchettes salariales affichées tournent autour de 39 000 à 54 000 € brut annuel selon l'expérience et la localisation.
- Le vrai différenciateur de Matera : un modèle de syndic digital, avec outils internes et process propres.
- Avant de postuler, vérifiez la fiche Welcome to the Jungle et les avis Glassdoor : les deux racontent des choses différentes.
- Le métier reste un métier de copropriété : AG, travaux, impayés. Aucune boîte ne vous en dispensera.
Matera et Welcome to the Jungle : ce que la fiche raconte vraiment
Ouvrez la page. Vous verrez une entreprise qui se présente comme un « syndic nouvelle génération », avec une mission claire : remettre de la transparence dans un secteur où les copropriétaires ne comprennent souvent rien à ce qu'ils paient. Sur le papier, c'est séduisant. Sur le terrain, c'est un métier de service, avec des clients exigeants et des contraintes légales lourdes.
Le discours de marque employeur
La fiche WTTJ de Matera coche toutes les cases du genre : photos d'équipe souriantes, valeurs affichées, ton décontracté, mise en avant du télétravail et de l'autonomie. Rien d'anormal. C'est exactement ce que produit une équipe RH qui maîtrise son sujet, et c'est même plutôt bien fait.
Mais posez-vous la bonne question : que cherche une entreprise quand elle soigne autant sa page Welcome to the Jungle ? Elle cherche à élargir son vivier de candidats, souvent sur des métiers en tension. La gestion de copropriété est justement un métier en tension. Le syndic traditionnel peine à recruter, les candidats fuient les charges de travail mal cadrées et les outils obsolètes. Une entreprise qui digitalise ce métier a donc un argument réel à faire valoir.
Ce que la page ne dit pas
Trois choses manquent systématiquement sur ce type de fiche :
- Le déroulé réel du processus de recrutement (nombre d'étapes, tests, délais entre entretiens)
- Le volume de portefeuille géré par un gestionnaire une fois en poste
- Ce qui se passe concrètement quand une AG dérape, quand un copropriétaire conteste une charge, ou quand un impayé traîne depuis huit mois
Ces trois points, ce sont eux qui déterminent si vous tenez six mois ou trois ans. Pas les photos de l'open space.
Matera recrute : quels postes, et pour qui ?
Le gros du recrutement chez Matera, c'est le poste de gestionnaire de copropriété. Un métier que beaucoup découvrent par hasard, souvent après une reconversion, et qui mélange relation client, suivi administratif, pilotage de travaux et gestion de conflits.
Les postes typiquement ouverts
Sur les annonces publiées par Matera, on retrouve régulièrement :
- Gestionnaire de copropriété — CDI, souvent avec une part de télétravail, plusieurs villes en France
- Gestionnaire immobilier — périmètre parfois élargi à la gestion locative
- Des postes support : customer success, produit, tech
- Des fonctions commerciales pour accompagner la croissance
Les fourchettes salariales affichées sur les annonces de gestionnaire tournent autour de 39 000 à 54 000 € annuels bruts, avec une variabilité forte selon l'expérience et la ville. C'est cohérent avec le marché du syndic en France, avec une légère prime pour les structures digitales.
Profil recherché : ce qui compte vraiment
Contrairement à ce que laisse croire la vitrine start-up, Matera ne cherche pas des profils « disruptifs ». Elle cherche des gens qui connaissent le métier. Un gestionnaire qui a déjà tenu un portefeuille de 40 à 60 copropriétés, qui sait lire un budget prévisionnel, qui a déjà géré une AG houleuse, sera toujours plus crédible qu'un candidat séduit par le discours mais qui n'a jamais ouvert un carnet d'entretien.
La reconversion fonctionne, mais pas à l'aveugle. J'ai vu des profils issus de l'hôtellerie ou de la banque réussir, à condition d'accepter une période d'apprentissage dense — six à douze mois avant d'être vraiment à l'aise.
Matera syndic : comment le modèle change le quotidien
Un syndic classique facture des honoraires de gestion courante, souvent autour de 15 à 20 € par lot et par mois, plus des prestations ponctuelles. Matera a construit son positionnement sur la transparence de ces frais et sur un outil numérique propre, avec un accès copropriétaire et un suivi en ligne.
Ce que ça change pour le salarié
Un outil interne bien conçu, c'est une vraie différence. Quand vous passez d'un logiciel syndic des années 2000 à une interface moderne, vous gagnez du temps sur la saisie, le suivi des travaux, la communication avec les copropriétaires. Sur un portefeuille chargé, ça peut représenter plusieurs heures par semaine.
Mais l'outil ne fait pas tout. Le métier reste le métier. Une AG reste une AG. Un copropriétaire mécontent reste un copropriétaire mécontent. La digitalisation réduit la friction administrative, elle ne supprime ni les conflits ni les urgences.
Comparatif : syndic classique vs Matera
| Critère | Syndic traditionnel | Matera |
|---|---|---|
| Outils internes | Souvent datés, hétérogènes | Plateforme unifiée, pensée pour le digital |
| Transparence des frais | Variable, parfois opaque | Mise en avant comme argument central |
| Accès copropriétaire | Papier + portail limité | Suivi en ligne |
| Charge de travail gestionnaire | Élevée, peu outillée | Élevée, mieux outillée |
| Culture d'entreprise | Traditionnelle, hiérarchique | Start-up, autonome |
| Télétravail | Rare | Fréquent, selon poste |
Matera avis Glassdoor : ce qu'il faut regarder
Les avis Glassdoor sont un complément utile, à condition de savoir les lire. Sur n'importe quelle entreprise, vous trouverez des avis à 5 étoiles rédigés par des gens ravis au bout de deux mois, et des avis à 1 étoile rédigés par des gens partis en claquant la porte. Les deux sont réels, aucun n'est représentatif seul.
Les signaux utiles
- La régularité temporelle : des avis qui arrivent tous en même temps sur deux semaines, c'est suspect
- Les points négatifs qui se répètent : charge de travail, management, évolution — s'ils reviennent, c'est un vrai sujet
- Les avis détaillés : quelqu'un qui décrit un process, un portefeuille, une situation précise vous informe plus qu'un « super ambiance »
Et croisez avec LinkedIn. Regardez combien de temps les gestionnaires restent en poste. Un turnover élevé sur le même métier, sur deux ou trois ans, c'est l'info la plus fiable que vous obtiendrez, plus que n'importe quel commentaire.
Postuler chez Matera : le processus
Sur ce genre de poste, vous pouvez vous attendre à un parcours classique en trois ou quatre étapes : un échange RH, un entretien avec le manager, une étude de cas ou un test métier, puis une rencontre avec un responsable de secteur. Le test métier, sur un poste de gestionnaire, prend souvent la forme d'un exercice sur un budget, une situation d'AG ou un dossier de travaux.
Ce qui fait la différence
Préparez-vous à parler chiffres. Un bon candidat saura dire : combien de copropriétés il gérait, quelle taille moyenne, quel volume de travaux suivi sur l'année, quel taux d'impayés il a réussi à faire baisser. Des chiffres concrets, pas des intentions.
Et posez vos propres questions. Combien de copropriétés par gestionnaire ? Quel est le délai moyen de traitement d'une demande de devis ? Comment sont gérés les pics d'AG (souvent concentrés au printemps et à l'automne) ? Un recruteur qui répond précisément à ces questions vous en dira plus sur la boîte que n'importe quelle page Welcome to the Jungle.
Matera sur LinkedIn et comment les contacter
La page LinkedIn de Matera reste le canal le plus à jour pour suivre les ouvertures de postes. C'est aussi là que vous verrez qui vient de rejoindre l'entreprise, dans quel service, et depuis quelle structure — une info précieuse pour comprendre le profil type.
Pour un premier contact, le formulaire de candidature sur Welcome to the Jungle ou le site officiel reste le canal standard. Si vous avez un contact interne, une approche directe sur LinkedIn peut accélérer les choses, à condition de ne pas envoyer un message copié-collé à quinze personnes de la même équipe le même jour. Ça se voit, et ça se retient.
Faut-il postuler chez Matera ?
Oui, si vous voulez faire de la gestion de copropriété dans un cadre mieux outillé que la moyenne du secteur, et si le télétravail partiel compte pour vous. Non, si vous cherchez un poste de pure relation client sans la technique — la technique, ici, c'est la moitié du boulot.
La vraie question n'est pas « est-ce que Matera est une bonne boîte ? ». C'est « est-ce que je veux faire ce métier, avec ses contraintes, dans un environnement qui se veut moderne ? ». La page Welcome to the Jungle ne répondra jamais à ça. Elle vous montrera des gens souriants, une mission claire, un ton décontracté. Le reste, c'est vous qui le découvrirez, en posant les bonnes questions à des gens qui font le métier depuis un moment — pas en lisant une fiche entreprise, aussi soignée soit-elle.